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Paradoxia

Éditions Le Diable Vauvert

C’est le genre de nana que tu préfères avoir en pote plutôt qu’en ennemie. De la force sauvage qui transpire entre chaque mot. Pérégrination d’une gamine, puis d’une femme de New York jusqu’à Los Angeles en passant par Amsterdam. Inceste, drogue, sexe, alcool. Seulement, comme l’écrit Virginie Despentes, admiratrice et désormais amie de Lydia Lunch, dans sa préface : il ne s’agit pas que de cela. Paradoxia, ça n’est pas des morceaux de débauche bon marché pour lectrice en manque de sensation. C’est un boulet de canon que tu prends en pleine face, un récit qui te grignote le cerveau, un flot acide et épais.

« Il est clair que pour remplir le vide intérieur, il n’y a que soi. Nous n’atteignons cette intuition qu’après avoir bourré chaque trou, chaque orifice, chaque ouverture avec une variété hétéroclite de déchets inutiles. Débris, détritus, chair humaine – fumier. Et malgré cela, la faim reste inassouvie, surtout lorsque l’objet du désir est toujours mouvant. La gourmandise n’est jamais repue, que ce soit pour la baise, la bouffe ou la came. Elle exige une quantité énorme de stimulation inutile, d’informations, de slogans triviaux, de sentiments aléatoires, de faits et de chiffres sans suite. D’accouplements à oublier. Et plus on y a droit, plus on en veut. Un cycle sans fin de frustrations multiples. Où rien ne semble vous satisfaire, même en songe. »

Paradoxia
Journal d’une prédatrice
Lydia Lunch

Préface de Viginie Despentes
Introduction de Hubert Selby Jr.

Editions Au diable Vauvert, 2001 (première édition 1997)

Lydia Lunch

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