Étant le temps venu, Mademoiselle, que les sévères lois des hommes n’empêchent plus les femmes de s’appliquer aux sciences et disciplines, il me semble que celles qui [en] ont la commodité, doivent employer cette honnête liberté que notre sexe a autrefois tant désirée, à icelles apprendre ; et montrer aux hommes le tort qu’ils nous faisaient en nous privant du bien et de l’honneur qui nous en pouvaient venir ; et si quelqu’une parvient en tel degré, que de pouvoir mettre ses conceptions par écrit, le faire songneusement et non dédaigner la gloire, et s’en parer plutôt que de chaînes, anneaux, et somptueux habits : lesquels ne pouvons vraiment estimer nôtres, que par usage. Mais l’honneur que la science nous procurera, sera entièrement nôtre : et ne nous pourra être ôté, ne par finesse de larron, ne force d’ennemis, ne longueur du temps.

Épître dédicatoire
À Mademoiselle Clémence de Bourges, Lionnaise
24 juillet 1555

Voir en ligne http://damienbe.chez.com/biolab.htm

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