C’est en 2010 à Sciences Po, Paris, suite au mouvement social contre la réforme des retraites que le mouvement G.A.R.Ç.E.S trouve ses origines.
Quelques étudiantes se réunissent alors pour parler de l’inégalité dans la prise de paroles entre les femmes et les hommes au sein des AG. L’occasion de prendre conscience que leur « timidité » n’est pas une situation individuelle mais bien collective. Ainsi apparaît la persistence d’une structure patriarcale, frein évident à l’émancipation de chacun et chacune face aux stéréotypes hétérosexistes. Est alors créé GARÇES (Groupe d’Action et de Réflexion Contre l’Environnement Sexiste).

Si, au départ, le mouvement et la réflexion portaient surtout sur la question du biais du genre dans le cadre militant, il ne s’est jamais agit, pour les fondatrices du groupe, d’une fin en soi mais d’un moyen ponctuel de remédier aux inégalités concernant la prise de parole en public. Les réunions non-mixtes, initialement organisées, avaient donc pour objectif de permettre aux femmes de se sentir plus à l’aise dans un cadre mixte. Elles ont également étaient l’occasion d’effectuer un état des lieux de la répartition sexuée des tâches au sein des organisations politiques et syndicales, ou encore de la représentation inégale au sein des différentes organisations militantes.
Dans un second temps, des réunions mixtes ont été organisées pour débattre de ces sujets.

Puis, il a semblé plus opportun aux participantes - et participants – d’élargir cette dynamique au plus grand nombre. La demande se faisant d’autant plus sentir à Sciences Po puisque, depuis la dissolution des Sciences Potiches, il n’existait plus de collectif féministe à proprement parler.

Principes et objectifs du groupe :
- Se battre pour une société juste et égalitaire, où chaque individu serait libéré de toute forme d’oppression et d’aliénation.
- Dénoncer et refuser la société hétéro-patriarcale, fondée sur la division sexuelle du travail et la séparation binaire de l’humanité en deux identités immuables et figées.
- Refuser l’enfermement de la femme dans le rôle reproductif et de l’homme dans le rôle productif.
- Défendre un projet de transformation sociale féministe parce que l’hétéronormativité stigmatise les homosexuel-le-s, bisexuel-le-s, transgenres, transsexuel-le-s et intersexes, et oblige les individus à suivre des normes sexuelles et genrées au détriment de leur épanouissement.
- Défendre une société où tous les individus peuvent s’émanciper par le dépassement de leur condition matérielle et identitaire, une société libérée de l’oppression domestique patriarcale et de l’oppression hétéronormée.
- Propososer un féminisme de lutte et unitaire. De lutte, car tout ce que les femmes ont gagné et gagneront s’est fait et se fera par les mobilisations et par l’organisation collective.
- Agir partout et organiser la lutte à tous les niveaux de la société.

Le collectif G.A.R.ç.E.S se positionne en faveur d’un cadre mixte d’action, tout en reconnaissantnous l’importance primordiale des cadres non-mixtes.

Le collectif G.A.R.ç.E.S intervient dans et en dehors des murs de Sciences Po.

Voir en ligne http://collectiffeministe.wordpress.com/

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